Chaque année, une même question revient :
pourquoi Noël n’est-il pas célébré à la même date partout dans le monde chrétien ?
Si le 25 décembre s’est imposé en Occident, certaines Églises chrétiennes, dont l’Église apostolique arménienne, célèbrent Noël le 6 janvier.
Contrairement aux idées reçues, il ne s’agit ni d’un “retard”, ni d’une erreur de calendrier, mais d’un héritage historique précis.
Pour comprendre cette différence, il faut remonter aux origines du christianisme, aux premiers calendriers et à la manière dont les fêtes chrétiennes se sont structurées au fil des siècles.
Noël occidental : pourquoi le 25 décembre ?
Le 25 décembre est aujourd’hui la date de Noël la plus répandue dans le monde, notamment dans les pays catholiques et protestants.
Pourtant, les premiers chrétiens ne célébraient pas la naissance de Jésus. Les premières grandes fêtes chrétiennes étaient centrées sur Pâques, considérée comme fondatrice.
Ce n’est qu’à partir du IVᵉ siècle que la célébration de la Nativité s’impose progressivement en Occident. Plusieurs facteurs expliquent le choix du 25 décembre :
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des calculs théologiques symboliques liant la conception du Christ au 25 mars,
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le contexte du calendrier romain,
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la volonté d’inscrire le christianisme dans un cadre temporel stable.
Il est important de souligner que le 25 décembre n’est pas présenté comme une date historique, mais comme une date liturgique, choisie pour sa portée symbolique.
Noël oriental : une diversité de traditions
Lorsqu’on parle de “Noël oriental”, on regroupe en réalité plusieurs traditions chrétiennes différentes.
Certaines Églises orientales célèbrent Noël le 25 décembre, mais selon un calendrier différent, appelé calendrier julien.
D’autres, comme l’Église apostolique arménienne, ont conservé une organisation liturgique plus ancienne, avec une fête fixée au 6 janvier.
Ces différences ne sont donc pas doctrinales : elles sont historiques et calendaires.
Le rôle des calendriers : julien et grégorien
Pour comprendre les écarts de dates, il faut distinguer deux systèmes :
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Le calendrier julien, instauré dans l’Antiquité, utilisé pendant des siècles dans le monde chrétien.
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Le calendrier grégorien, adopté en Occident à partir de 1582 pour corriger les dérives astronomiques du calendrier julien.
Aujourd’hui, le calendrier julien accuse un décalage de 13 jours par rapport au calendrier grégorien.
C’est pour cette raison que certaines Églises orthodoxes célèbrent Noël le 7 janvier (25 décembre julien), tandis que d’autres ont adopté le calendrier grégorien pour certaines fêtes.
Pourquoi les Arméniens célèbrent Noël le 6 janvier
Le cas arménien est particulier et ne peut pas être réduit à une simple question de décalage de calendrier.
Une tradition très ancienne
À l’origine, dans le christianisme primitif, la Nativité et la Théophanie (manifestation du Christ) étaient célébrées le 6 janvier, dans une seule et même fête.
Lorsque l’Occident a progressivement séparé :
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Noël (25 décembre),
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et l’Épiphanie (6 janvier),
l’Église apostolique arménienne a conservé la tradition originelle, en célébrant toujours la Nativité et la Théophanie ensemble, le 6 janvier.
Une fidélité liturgique, pas un décalage
Contrairement à certaines Églises orthodoxes qui célèbrent Noël en janvier à cause du calendrier julien, les Arméniens fêtent Noël le 6 janvier par choix liturgique historique, indépendamment du calendrier utilisé dans la vie civile.
Il ne s’agit donc pas d’un Noël “déplacé”, mais d’un Noël resté fidèle à une forme ancienne du christianisme.
Différences entre Noël occidental et Noël arménien
Les dates
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Noël occidental : 25 décembre
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Noël arménien : 6 janvier
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Noël orthodoxe julien (dans certains pays) : 7 janvier
L’organisation des fêtes
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En Occident, la Nativité et l’Épiphanie sont deux fêtes distinctes.
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Dans la tradition arménienne, elles sont célébrées ensemble le 6 janvier.
Le sens de la célébration
Le cœur de la fête arménienne est la révélation du Christ au monde, autant que sa naissance. Cette approche met l’accent sur la dimension spirituelle et symbolique, plus que sur la seule commémoration de la naissance.
Une diversité chrétienne souvent méconnue
Ces différences de dates montrent que le christianisme n’a jamais été monolithique.
Selon les régions, les époques et les traditions, les mêmes événements ont été célébrés de manière différente, sans remettre en cause le fond du message.
Comprendre pourquoi les Arméniens célèbrent Noël le 6 janvier, c’est aussi comprendre que les traditions religieuses sont des héritages vivants, façonnés par l’histoire, les cultures et les choix spirituels.
KARA : transmettre la culture par la compréhension
Chez KARA, la culture arménienne est abordée comme un patrimoine à expliquer, contextualiser et transmettre, au-delà des idées reçues.
Comprendre pourquoi Noël est célébré le 6 janvier chez les Arméniens, c’est déjà faire un pas vers une lecture plus fine des cultures, de leurs racines et de leurs continuités.
Parce que la transmission commence toujours par la connaissance.
KARA - Culture, identité et création contemporaine autour de l’Arménie